Traders, le retour des bonus ?

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A moins d’avoir vécu complètement isolés de tout sur une île déserte, impossible que vous y ayez échappé. A quoi ? Aux attaques sur les vilains traders qui font suite aux attaques sur les vilains banquiers qui faisaient suite aux attaques sur les vilains patrons

Rappel des faits

En octobre 2008, Nicolas Sarkosy annonce un plan de soutien massif de 360 milliards d’euros aux banques françaises, accompagné toutefois de cette mise en garde : « On ne peut pas demander la garantie de l’Etat et tolérer les dérives scandaleuses constatées ces dernières années ». En janvier 2009, lorsque le président convoque les banquiers à l’Elysée, il réaffirme sa volonté de voir les fonds publics servir à renforcer les fonds propres et non pas à enrichir les dirigeants et les actionnaires. Dès février 2009, dans son intervention télévisée, le chef de l’Etat déclare son intention de changer le système de rémunération des traders. Avril 2009, au G20 de Londres, pour la première fois, des chefs d’Etat vont discuter des rémunérations dans la finance et évoquer de possibles nouvelles règles. Août 2009, le journal Libération révèle que BNP Paribas a constitué une provision d’un milliard d’euros pour le paiement à venir de ses traders. Sur fonds de crise, de licenciements, de chômage, de témoignages de Français désespérés et terriblement inquiets, l’information fait scandale.

Nicolas Sarkosy : Objectif Pittsburgh

Dès le 25 août, le Président de la République annonce son intention d’ériger la France en modèle de rigueur. Le versement des bonus ne sera plus garanti, une commission bancaire surveillera les cent traders les mieux payés en France, l’Etat ne travaillera plus qu’avec les établissements vertueux et une initiative internationale sera proposée au sommet du prochain G20 de Pittsburgh, en septembre 2009. Bon nombre d’acteurs du monde politique et économique voient dans la réponse de Nicolas Sarkosy une réponse convenue, destinée à mettre du baume au cœur à son électorat, un effet d’annoncequi ne peut avoir un réel impact sur le monde de la finance. La France, seule, ne peut rien changer. Pourtant, au fil des jours, les sceptiques acceptent l’idée d’une possible efficacité des propositions françaises. D’abord rejointe par l’Allemagne, puis par l’Euro groupe, la France est désormais suivie par le Royaume-Uni ! Ce week-end, les ministres des finances du G20 se réuniront pour préparer le sommet de Pittsburgh des 24 et 25 septembre prochains. Les bonus des traders seront l’un des principaux sujets débattus. « La culture des bonus doit cesser », a déclaré Anders Borg, ministre suédois des Finances.

Pas de bonus… pas de traders !

La concurrence entre banques reste forte. Certaines, pour garder ou embaucher les meilleurs traders, acceptent de payer des bonus garantis. Les Etats-Unis sont réticents et Barack Obama, qui pourrait être influencé par l’exemple de l’initiative française, pourra difficilement s’affranchir des lobbies de Wall Street. Les banques asiatiques, quant à elles, ont déjà fait part de leur intention d’accueillir certains traders expatriés. Une telle mesure n’entraînerait-elle donc pas une fuite des cerveaux financiers vers l’étranger ? A suivre…

© Hiving - 07/09/2009

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