Travail dominical, régression ou progrès social ?

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« …Les millionnaires du dimanche, pour une cabane en planches, un cabanon sur les branches…où ils sont si heureux… » Eh oui, cette vieille chanson d’Enrico Macias l’illustrait bien, le dimanche. Riches ou pauvres étaient en effet supposés partager un même privilège car ce jour était celui du repos, des retrouvailles en famille, du repas autour de la table, de la sieste sous les arbres. Ce n’est pas toujours une réalité, mais assurément une représentation ancrée dans notre conception du temps. Le dimanche n’est pas un jour comme les autres. Même Dieu s’est reposé le dimanche pour contempler son œuvre et souffler un peu.

Pourquoi une telle loi ?

Voulue par Nicolas Sarkozy, la loi, votée et mise en application dès le dimanche 16 août 2009, étend la possibilité de travailler le dimanche et modifie le code du travail. Elle épouse, déclare le Gouvernement, les évolutions de la société et ses nouvelles manières de consommer. Elle est également présentée comme le résultat d’un compromis garantissant le principe du repos dominical pour ceux qui y sont farouchement attachés.

Ceux qui sont pour…

Elle profite aux ménages qui travaillent de plus en plus pendant la semaine et qui n’ont plus que le dimanche pour faire leurs achats en famille, aux touristes qui ne demandent qu’à laisser une partie de leur budget dans les caisses des magasins français, mais qui trouvent souvent porte close ce jour-là. Souvenez-vous de Michelle et Barack Obama et de leur dernière visite à Paris. La loi accorde des avantages à une certaine catégorie de salariés qui, lorsqu’ils acceptent de travailler le dimanche, sont payés double et ont droit à un repos compensatoire obligatoire. Elle est une aubaine pour les étudiants qui ont besoin de ces emplois aux horaires particuliers pour pouvoir travailler et financer leurs études. Les commerces, comme le célèbre magasin Vuitton pris en exemple par Nicolas Sarkosy, verront leur chiffre d’affaires augmenter. Cela est d’autant plus vrai pour les enseignes frontalières et, d’une manière générale, pour toute l’économie qui est concurrencée par les achats sur Internet.

… et les réfractaires !

Ces derniers craignent une remise en cause de l’équilibre social multiséculaire dans notre pays, en privilégiant au-delà de tout la sacro-sainte consommation. Ils redoutent également les effets de cannibalisme, c’est-à-dire le grignotage du chiffre d’affaires des commerces qui ne veulent ou ne peuvent ouvrir le dimanche. Ils s’inquiètent de l’effet potentiellement dévastateur sur le petit commerce de proximité. Ils s’insurgent contre la prétendue liberté de tous les salariés de pouvoir réellement accepter ou refuser de travailler ce jour là. Les syndicats pointent aussi du doigt une possible inégalité de traitement. En effet, dans les zones touristiques ou thermales, le travail sera de droit, c’est-à-dire qu’il relèvera des clauses générales du droit du travail. Travailler le dimanche n’offrira pas les contreparties avantageuses citées plus haut.

Les chiffres : 49% des répondants se prononcent en effet en défaveur de la loi contre 36% qui y sont favorables…Les plus sceptiques y voient en effet surtout le temps sacrifié à sa famille ou à ses amis (35%). L’ouverture des magasins le dimanche est également mal perçue : c’est un moyen de pousser les gens à la surconsommation (50%). Pourtant, 43% des personnes interrogées s’accordent à dire que travailler le dimanche permet d’arrondir les fins de mois… (Flash-tests Hiving du 24/07/2009)

Vous l’aurez compris, il faudra suivre l’application de cette loi de près pour savoir si, oui ou non, elle sera un progrès ou une régression sociale. Personnellement, j’ai choisi depuis longtemps : je suis pour la semaine des quatre jeudis. Les plus anciens s’en souviennent, ce jour là, nous n’avions pas école…

© Hiving - 01/09/2009

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